Face Écran — Daniel Bourrion

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Updated: 2 hours 5 min ago

15-04-2019

Tue, 04/16/2019 - 12:58

Et, bien après la fin de l'incendie géant qui laissa l'immense nef décoiffée, provoqua la chute de la flèche ciselée, fit fondre le plomb, le zinc, et jusqu'aux pierres, empuantit toute la ville en perçant son cœur d'une fumée blanche très éloignée de l'autre, papale, bien après les collectes, les expertises, les plans, les débats d'experts, les décisions politiques discutées durant des heures, le début des travaux titanesques qui mobilisèrent, et mobilisent encore, des milliers de compagnons venus de partout comme des manières de faire, de construire, travailler, plongeant au fond du temps, travaux qu'il allait voir parfois pour en estimer l'avancée, bien après tout cela, il mourut, tranquille, vieux, entouré des siens, sans que personne, jamais, ne sut que ce soir-là, c'est lui qui avait allumé ce feu pour dissimuler le meurtre commis un peu avant 19h00 tout là-haut, sur les échafaudages.

Image par Milliped — Travail personnel, CC BY-SA 4.0

Une sorte de journal — 13 avril 2019

Sat, 04/13/2019 - 20:32

Ce printemps éternel — compter ses jours ; il faut longtemps imaginer et partir loin ; pourquoi écrire encore ?

Une nostalgie, Robert — Une sorte de rumeur

Fri, 04/12/2019 - 18:43

(...) les sept milliards et quelques d'humains qui ne sont ni Robert, ni Smith, dont moi de l'autre côté de la petite mer, la Manche, qu'il me suffirait de passer, dessus, dessous, pour découvrir la ville, le quartier, la bâtisse, et sonner à la porte, mais je suis de ceux qui pensent qu'on ne dérange pas comme ça celui, celle qui tient votre admiration et puis que pourrais-je lui dire, à Robert, qu'il n'a pas déjà entendu mille fois, dix mille fois, partout, tout le temps, alors je reste de ce côté du monde et lui reste de l'autre dans la pièce où plus rien ne bouge comme le crépuscule arrive et qu'on entend de loin une sorte de rumeur, des fans traînent dans les rues cherchant où l'on demeure, une sorte de rumeur, les murmures que fait cette folle célébrité qui jamais ne s'endort.

Une nostalgie, Robert — Une nostalgie sans ailes

Tue, 04/09/2019 - 20:16

(je crois, j'espère, je vois que Robert a de quoi être plus souvent satisfait que moi mais c'est l'ordre des choses, je n'ai été Robert Smith qu'une seule fois, un soir resté dans mon histoire comme l'histoire des histoires et je devine que depuis je ne suis qu'une nostalgie sans ailes).

The Cure The Loudest Sound

Une nostalgie, Robert — Un jardin anglais

Mon, 04/08/2019 - 20:07

(...) il y a loin de nous alors et là tellement que même parfois sans trop savoir ce qui fait naître cela on pense à Siouxsie qu'on imagine, allez savoir pourquoi, en bientôt vieille lady s'occupant à tailler des roses dans le jardin de son cottage, les clichés très anglais ont une vie dure, et si au portail quelqu'un bouscule la cloche c'est Robert Smith, ce vieux Robert qui rend une petite visite inattendue, on se demande de quoi ils parlent dans le vert tendre du printemps, la folie des iris, peut-être de celui qu'on était quand ils étaient qui ils étaient.

Une nostalgie, Robert — Un batteur

Sun, 04/07/2019 - 09:14

(...) derrière le batteur garde le rythme au clair, il tape sans fléchir, c'est l'oublié toujours et le maître du temps, parfois Robert vers lui se penche pour retourner aux sources qu'il n'a même pas perdues, la chanson est une lutte, mesure contre mesure portant sa nostalgie quand déroulant un chant, on dessine tout du long quelques minutes mangées, et puis d'autres derrière, qui deviennent des heures, des jours et puis des mois, dans la fosse sautillent ceux qui, dans leur passé, usés jusqu'à la corde, parlent toujours d'avant même s'ils sont de maintenant...

Une nostalgie, Robert — Des cicatrices

Sat, 04/06/2019 - 08:42

Il y a tant de corps, ce sont des clichés de longtemps et il y vit si jeune, parfois je trouve qu'il me ressemble mais c'est peut-être l'inverse, qui porte sous ses cheveux de toujours hirsutes une tête d'adolescent, il l'a été aussi et nous tellement, et tant, dans cette parenthèse qui ne se referme jamais, plusieurs corps à feuilleter, on dirait les corps du roi, sur les derniers clichés, les plus récents, les vidéos qu'engrange le réseau, ce goinfre à l'haleine de bitume, transpirent parfois une lassitude, les marques de la route, celles de la scène, on dirait cicatrices si l'on osait...

Une nostalgie, Robert — La basse

Fri, 04/05/2019 - 18:50

... le bassiste se replie sur sa basse trop basse que soutient son genou plié plus qu'à moitié, un jour il tombera et Robert de même, en attendant on riffe jusqu'à finir en rires les doigts à peine chauds — nos mains sont de corne maintenant, il nous faut bien cela pour retenir la vie.

Une nostalgie, Robert — Cette nuit de Noël

Thu, 04/04/2019 - 18:56

Et quand bien même je sais n'avoir été Robert Smith qu'un peu, très peu, inutile de se mentir, la soirée maintenant lointaine où j'ai voulu l'être a été une danse avec le ridicule, il reste donc cette sorte de nostalgie et puis des souvenirs faisant refrains dans les jours s'écoulant, ce pourrait devenir une chanson, des bribes de paroles, la trame est là où ne manquent qu'une ligne de basse, un battement, le claquement de la batterie, cet aigu des guitares que je repère sitôt leur cri, ce moment qui revient souvent, c'est un soir d'hiver au moins, la pleine période des fêtes dans le mortel ennui qu'elles portent, aussi loin que remonte ce qui me sert de mémoire il y a cet abîme de noël, la tristesse que j'ai quand j'y repense prend toujours apparence de cadeaux qui une fois déballés, déchiquetés, étaient des avions d'un gris pâle kaki et pourquoi j'ai senti alors un très grand vide s'ouvrir je ne sais pas mais revenons à nos moutons...

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