Face Écran — Daniel Bourrion

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Updated: 2 hours 21 min ago

Une histoire de riens #2

Sun, 09/15/2019 - 11:19

"Dans les armoires pourrissaient des robes de mariées blanches puis grises puis brunes, on aurait dit les restes d'un incendie très lent, leur tissu fondant patiemment malgré les bouquets de lavande dans leurs sachets tissés, les boules de naphtaline attachées de toutes parts et faisant des boules de noël qui n'y pouvaient cependant rien — les bêtes les dévoraient aussi, comme le reste, à la faveur des années, dans le secret noir des meubles laissés dans les greniers."

Une histoire de riens

Sat, 09/14/2019 - 13:58

" La montée se faisait en cahots, ceux générés par la charrette que tirait le plus poussif tracteur jamais vu sur cette terre, une antiquité bonne à rien et donc à tout, qu'on sortait pour cette occasion aussi et dont le moteur fumait dru, et noir, crachant une colonne tellement dense qu'elle semblait non plus de fumées mais d'une pierre taillée dans un cylindre parfait. "

 

Une sorte de journal — 10 septembre 2019

Tue, 09/10/2019 - 15:29

Un temps gros de lui-même ; je reste à l'exacte distance — mon combat rapproché ; quelques pêches de vigne dans les nuages.

Une sorte de journal — 01 septembre 2019

Sun, 09/01/2019 - 15:27

Une maison d'araignées ; la sente avale toutes les mûres — il reste une source là-bas ; avec la distance, son sol.

Nous/On

Sun, 09/01/2019 - 09:53

On était sur l'avant, d'aubes vêtus tels prêtres mais blanches, manière de faire croire à la pureté censée être la nôtre mais qui depuis longtemps n'était plus qu'une couleur, un étendard qu'on passait sans y croire vraiment, comme on emportait la croix, et l'encensoir, accessoires nécessaires dont on était porteurs, fiers, rieurs quoi que pour le rire, il devait rester silencieux, du fait de la surveillance active du village en entier, des parents surtout, et de ce qu'on était visibles, très, au tout devant de la procession ou au chœur de l'église, sur les côtés, dans ces bancs posés au perpendiculaire de la nef laissant exposés à tous les regards, surtout si l'on était entré le dernier, le premier, lui, coincé contre le mur, caché un peu, parvenant au moins à se dissimuler derrière son complice et de là lancer quelque ânerie, provoquer un fou-rire que reprendraient, en face, les mêmes lurons posés pareils, hilares déjà, la messe n'avait même pas commencée.

Une sorte de journal — 30 août 2019

Fri, 08/30/2019 - 19:19

Dans un roman, cette vieille femme noire — écrire comme lui ; je ne sais pas raconter un azur blanc.

Une sorte de journal — 26 août 2019

Mon, 08/26/2019 - 18:12

Un infini, le romarin ; il faut battre à mains nues toute mémoire ; nous allions droit vers l'est dans des trains impossibles.

Une sorte de journal — 25 août 2019

Sun, 08/25/2019 - 11:59

Un rien de terre pour s'y chauffer ; je cherche la forme parfaite — une parole adéquate ; tenir le monde ensemble, et son martin-pêcheur.

Une sorte de journal — 20 août 2019

Tue, 08/20/2019 - 18:22

Atteindre à l'arête du jour ; une récolte de rien ; tu es toujours dans cette langue que personne ne parle — je suis à construire le mur de demain.

Étangs #3

Sat, 07/13/2019 - 10:16

(...) personne pour y aller nager ou alors, dans des temps immémoriaux, on nous racontait ces histoire d'un qui plongeait alors mais avec en tour de taille une corde que les autres dessus la rive, la digue restés, tenaient pour le tirer à terre quand il remontait des tréfonds, il ne savait pas nager, personne en ces temps-là pour savoir, c'est sur la terre qu'on vivait et pas dans l'eau, cet élément laissé sans nul regret aux canards, aux poissons, aux marins qui là-bas, tellement loin qu'on se disait que c'était une légende, partaient affronter des tempêtes, des vagues hautes plus que les maisons serrées le long des routes droites, le clocher de l'église (...)

Une sorte de journal — 09 juillet 2019

Tue, 07/09/2019 - 19:06

Je suis celui dont la ville fuit, et qui n'a nul bagage que ceux laissés des autres — mon nom est un mur rongé de lierres.

Une sorte de journal — 05 juillet 2019

Fri, 07/05/2019 - 20:31

J'ai marché sur une plage et j'étais le premier ; cet océan emportant ton écume — une vague d'infini ; quatre galets sur ma table, puis toi.

J'ai partagé un appartement avenue des Vosges avec une dame qui aurait été ma grand-mère si j'en avais eu. Je rêve depuis toujours de devenir routier puisque mon père l'a été. Je ne sais pas réellement qui je peux être. J'ai marché sur une plage et j'étais le premier. #àMainLevé

— Daniel Bourrion (@dbourrion) July 5, 2019

Étangs #2

Mon, 06/24/2019 - 18:57

(...) tellement qu'une fois plongés dedans habillés seulement encore de nos slips conservés par acquis de conscience, reste de pudeur aussi certainement même si personne ne pouvait plus nous voir, nous étions descendus le long du cratère que faisait la terre glaise montée en murs raides nous protégeant donc de regards qu'il n'y avait d'ailleurs pas, autour les champs ras étaient vides, bousculés seulement d'une vapeur, cette haleine de l'été, c'est comme si nous avions flotté au beau milieu du vide, claquant des dents — quand je parle d'une eau glacée, elle l'était incroyablement et pas seulement par contraste avec le lourd manteau jaune que peut être cette saison là-bas, dans la vallée d'où je suis né. (...)

Étangs

Sun, 06/23/2019 - 11:32

(...) La technique était simple, consistant à remonter la trace de la source à larges coups de pelles mécaniques jusqu'à s'éloigner du premier point de percement d'au moins cinquante mètres pour ouvrir là une sorte d'étang qui, temporaire, aidé par l'été et sa sécheresse venant toujours avec, ferait tampon en absorbant l'eau qui sourdait, en asséchant à son amont le filet mince mais large assez pour empêcher le labeur des équipes, le rendre parfois même dangereux.

C'était cela que nous avions trouvé dans le maelström des buttes dans notre jeu d'alors, suivre l'avancée du creusement à la faveur de l'arrêt du chantier, c'était en août, les traditions se respectaient, les machines s'arrêtaient faute d'ouvriers et tout demeurait là dans un abandon comme de canicule, la masse d'acier des machines arrêtées chauffant lentement du matin jusqu'au soir et rendant cette chaleur accumulée la nuit au point que toute la zone était presque une étuve vingt-quatre heures sur vingt-quatre, c'était là la découverte, un étang creusé de main d'hommes ou plus précisément de mâchoires métalliques, dont l'eau glacé était de source. (...)

Une sorte de journal — 22 juin 2019

Sat, 06/22/2019 - 18:49

Je pense aux jours après — le claquement d'un corps ; dans la rue une glace, toi et la porte fermée ; mon tout dernier souvenir reste celui d'une façade.

J'ai dansé quelque part dans le bush Australien, je n'avais plus mon pantalon. J'entendais dans la nuit des camions qui fonçaient. J'écris parce que je ne sais rien faire d'autre. Quand je sombre dans l'insomnie, je pense aux jours après celui qui me verra mourir. #àMainLevé

— Daniel Bourrion (@dbourrion) June 22, 2019

Une sorte de journal — 19 juin 2019

Wed, 06/19/2019 - 18:34

S'en tenir à soi-même ; je cherche mon visage et c'est le tien — ma bourrasque infinie.

Une sorte de journal — 17 juin 2019

Mon, 06/17/2019 - 18:21

Cette ondée de tilleuls ; je sais que dans tes mains il vient l'été — la ligne noire de l'orage ; ma lassitude d'enfant, ma source.

Une sorte de journal — 16 juin 2019

Sun, 06/16/2019 - 15:32

L'écluse de nos terres — ce qui reste à genoux ; je suis ta silhouette ; un pique-nique silencieux.

Une sorte de journal — 14 juin 2019

Fri, 06/14/2019 - 11:27

Une mare aux grenouilles folles ; personne ne regarde le temps et sa tempête de sable ; je ne sais ce qui retient le monde debout.

J'ai été peintre en bâtiment et j'ai caché mon visage sur un mur que la pluie lave parfois. J'aime visiter les églises vides. Je garde auprès de moi trois cailloux venus de trop loin. Je sais maintenant une mare aux grenouilles folles. Le chèvrefeuille est mon ami. #àMainLevé

— Daniel Bourrion (@dbourrion) June 14, 2019

Une sorte de journal — 10 juin 2019

Mon, 06/10/2019 - 21:13

Une fête n'a pas lieu ; je force l'oubli, en vain — tu es la mer toujours recommencée ; s'il ne reste qu'une phrase, ça suffira.

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