Face Écran — Daniel Bourrion

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Une sorte de journal — 19 juin 2019

3 hours 5 min ago

S'en tenir à soi-même ; je cherche mon visage et c'est le tien — ma bourrasque infinie.

Une sorte de journal — 17 juin 2019

Mon, 06/17/2019 - 18:21

Cette ondée de tilleuls ; je sais que dans tes mains il vient l'été — la ligne noire de l'orage ; ma lassitude d'enfant, ma source.

Une sorte de journal — 16 juin 2019

Sun, 06/16/2019 - 15:32

L'écluse de nos terres — ce qui reste à genoux ; je suis ta silhouette ; un pique-nique silencieux.

Une sorte de journal — 14 juin 2019

Fri, 06/14/2019 - 11:27

Une mare aux grenouilles folles ; personne ne regarde le temps et sa tempête de sable ; je ne sais ce qui retient le monde debout.

J'ai été peintre en bâtiment et j'ai caché mon visage sur un mur que la pluie lave parfois. J'aime visiter les églises vides. Je garde auprès de moi trois cailloux venus de trop loin. Je sais maintenant une mare aux grenouilles folles. Le chèvrefeuille est mon ami. #àMainLevé

— Daniel Bourrion (@dbourrion) June 14, 2019

Une sorte de journal — 10 juin 2019

Mon, 06/10/2019 - 21:13

Une fête n'a pas lieu ; je force l'oubli, en vain — tu es la mer toujours recommencée ; s'il ne reste qu'une phrase, ça suffira.

Vergers

Thu, 06/06/2019 - 19:28

Ils demeurent deux encore quand je sais bien l'un fondu dans le paysage bousculé totalement lors du remembrement d'il y a quelques années et à l'issue duquel plus rien n'a jamais plus été comme avant. Pour lui maintenant disparu, il arrivait le premier le long de la route depuis M*** se faufilant jusqu'au village et son alignement, la trace qu'il faisait sur la pente douce de la colline, venait au droit juste après un étang lui toujours là bien que parfois abandonné, on pense cela en le voyant, de temps en temps un défrichage des haies le cachant aux voitures vient démentir cette impression, quelqu'un s'occupe de ça, maintenir les berges pour permettre un accès, peut-être que parfois des pêcheurs sont là même si jamais aucun mouvement ne se laisse deviner, ce doit être un silence humide toute l'année troublé seulement des remuements des bêtes dessus et puis dessous la surface grise, qui peut le dire ? (...)

Une sorte de Journal — 04 juin 2019

Tue, 06/04/2019 - 21:25

L'essoufflement dès marée haute ; ton rocher dans les arbres, immaculé.

Une sorte de journal — 30 mai 2019

Thu, 05/30/2019 - 11:53

Une dentelle, les jours ; ma tête est un chantier, tu n'imagines pas — cette framboise encore ; je te porte partout.

Quatre

Fri, 05/24/2019 - 15:55

Il y a eu quatre chiens mais le quatrième n'est qu'une ombre très floue, un vague, je ne sais s'il a vraiment existé ou si je le tire seulement à mains nues du fatras de mes rêves, de cette mare noire que nous portons dedans et moi tellement, je ne sais pas, et lui est là juste flottant dans l'os de mon crâne quand je me demande s'il n'était pas à celui de mes grands-pères que je n'ai pas connu, qui est mort bien avant que je naisse, qui a été tué je crois d'un coup de patte donné par une vache irascible parmi celles, deux ou trois, qu'il y avait dans l'écurie derrière la maison vide maintenant de tout et même de ses murs intérieurs (...)

extrait, texte intégral paru dans Europe, n°1082-1083-1084, juin-juillet-août 2019, pp. 324 à 327

Une sorte de journal — 08 mai 2019

Wed, 05/08/2019 - 09:34

Iris à peine levés sous le vent-couverture ; je suis une peau caressée de jamais ; bourrasques, bourrasques, de vaine agitation — la récolte vient demain.

Une sorte de journal — 04 mai 2019

Sat, 05/04/2019 - 09:38

Je ne suis le père de personne ; nos pas et puis leurs pas — une pierre tendre comme toi.

#àMainLevé J'ai eu quatre pères, tous morts. Je ne suis le père de personne. Je n'oublie aucun des enfants croisés jadis. Certains me donnent parfois de leurs nouvelles, j'en suis heureux et souris à les lire. Je me demande toujours combien de temps il leur faudra pour m'oublier.

— Daniel Bourrion (@dbourrion) May 3, 2019

Une sorte de journal — 01 mai 2019

Wed, 05/01/2019 - 11:45

Un enfant du soleil, dixit cette vieille dame, et elle parlait de moi — je sème des graines vides.

Une sorte de journal — 22 avril 2019

Mon, 04/22/2019 - 16:00

J'ai retrouvé tes mots, qui ne font aucun sens — il vaudrait mieux se taire ; un court verger imaginaire ; je crois qu'écrire, c'est vivre encore un peu.

#àMainLevé Je suis né mort un 12 avril de 1967. Je n'ai aucun souvenir avant. Je n'oublie rien quand j'oublie tout. J'ai oublié ma première langue et son goût fort, un parfum de rocaille, mon visage de terre. Je crois qu'écrire est vivre encore un peu.

— Daniel Bourrion (@dbourrion) April 22, 2019

Une sorte de journal — 21 avril 2019

Sun, 04/21/2019 - 19:19

Ils courent vers la robe tombée — la mort en sa casaque trempée ; un petit homme comme ça ; nous crions tous dans les couleurs, le bruit, le roulement du dernier mètre.

15-04-2019

Tue, 04/16/2019 - 12:58

Et, bien après la fin de l'incendie géant qui laissa l'immense nef décoiffée, provoqua la chute de la flèche ciselée, fit fondre le plomb, le zinc, et jusqu'aux pierres, empuantit toute la ville en perçant son cœur d'une fumée blanche très éloignée de l'autre, papale, bien après les collectes, les expertises, les plans, les débats d'experts, les décisions politiques discutées durant des heures, le début des travaux titanesques qui mobilisèrent, et mobilisent encore, des milliers de compagnons venus de partout comme des manières de faire, de construire, travailler, plongeant au fond du temps, travaux qu'il allait voir parfois pour en estimer l'avancée, bien après tout cela, il mourut, tranquille, vieux, entouré des siens, sans que personne, jamais, ne sut que ce soir-là, c'est lui qui avait allumé ce feu pour dissimuler le meurtre commis un peu avant 19h00 tout là-haut, sur les échafaudages.

Image par Milliped — Travail personnel, CC BY-SA 4.0

Une sorte de journal — 13 avril 2019

Sat, 04/13/2019 - 20:32

Ce printemps éternel — compter ses jours ; il faut longtemps imaginer et partir loin ; pourquoi écrire encore ?

Une nostalgie, Robert — Une sorte de rumeur

Fri, 04/12/2019 - 18:43

(...) les sept milliards et quelques d'humains qui ne sont ni Robert, ni Smith, dont moi de l'autre côté de la petite mer, la Manche, qu'il me suffirait de passer, dessus, dessous, pour découvrir la ville, le quartier, la bâtisse, et sonner à la porte, mais je suis de ceux qui pensent qu'on ne dérange pas comme ça celui, celle qui tient votre admiration et puis que pourrais-je lui dire, à Robert, qu'il n'a pas déjà entendu mille fois, dix mille fois, partout, tout le temps, alors je reste de ce côté du monde et lui reste de l'autre dans la pièce où plus rien ne bouge comme le crépuscule arrive et qu'on entend de loin une sorte de rumeur, des fans traînent dans les rues cherchant où l'on demeure, une sorte de rumeur, les murmures que fait cette folle célébrité qui jamais ne s'endort.

Une nostalgie, Robert — Une nostalgie sans ailes

Tue, 04/09/2019 - 20:16

(je crois, j'espère, je vois que Robert a de quoi être plus souvent satisfait que moi mais c'est l'ordre des choses, je n'ai été Robert Smith qu'une seule fois, un soir resté dans mon histoire comme l'histoire des histoires et je devine que depuis je ne suis qu'une nostalgie sans ailes).

The Cure The Loudest Sound

Une nostalgie, Robert — Un jardin anglais

Mon, 04/08/2019 - 20:07

(...) il y a loin de nous alors et là tellement que même parfois sans trop savoir ce qui fait naître cela on pense à Siouxsie qu'on imagine, allez savoir pourquoi, en bientôt vieille lady s'occupant à tailler des roses dans le jardin de son cottage, les clichés très anglais ont une vie dure, et si au portail quelqu'un bouscule la cloche c'est Robert Smith, ce vieux Robert qui rend une petite visite inattendue, on se demande de quoi ils parlent dans le vert tendre du printemps, la folie des iris, peut-être de celui qu'on était quand ils étaient qui ils étaient.

Une nostalgie, Robert — Un batteur

Sun, 04/07/2019 - 09:14

(...) derrière le batteur garde le rythme au clair, il tape sans fléchir, c'est l'oublié toujours et le maître du temps, parfois Robert vers lui se penche pour retourner aux sources qu'il n'a même pas perdues, la chanson est une lutte, mesure contre mesure portant sa nostalgie quand déroulant un chant, on dessine tout du long quelques minutes mangées, et puis d'autres derrière, qui deviennent des heures, des jours et puis des mois, dans la fosse sautillent ceux qui, dans leur passé, usés jusqu'à la corde, parlent toujours d'avant même s'ils sont de maintenant...

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