Face Écran — Daniel Bourrion

Subscribe to Face Écran — Daniel Bourrion feed
Updated: 48 min 37 sec ago

Une sorte de journal — 22 octobre 2018

Mon, 10/22/2018 - 18:47

Dehors rien ne concède ; mon secret tient ta bouche.

La dispense #10

Sun, 10/21/2018 - 18:06

Sur ce chemin de croix, il y a comme il se doit quelques stations, c'est ainsi que la tradition dont j'ai souvenir nomme les étapes que l'autre a fait vers sa mort cloué sur ses bouts de bois, et l'une c'est la séance de gymnastique, ce moment pathétique où deux heures durant il s'agissait de courir sur des poutres, et bien sûr en tomber, se pendre à des anneaux, et bien sûr en tomber, grimper à la corde qui rugueuse jamais lissée nous arrachait les paumes, et là-aussi tomber, heureusement, de pas très haut, je ne suis jamais monté vraiment haut, la corde ne voulait pas de moi, mes mains ne tenaient pas, mes pieds ne faisaient pas le geste qu'il fallait pour bloquer ce serpent et s'appuyer dessus, et puis encore, rouler sur des matelas puants, et se faire mal partout, tenir à l'équilibre, et manquer de tomber, sauter sur des tremplins pour atteindre aux chevaux d'arçon, et presque à chaque fois n'arriver pas suffisamment rapidement pour finir par se cogner dans le bord dur, le cuir tanné, parfois à peine, un ou deux fois tellement fort, le ventre encaissant tout, les testicules aussi, qu'on repartait plié en deux de douleur comme de honte sous les quolibets des copains dont le tour viendrait, ça consolait un peu, nous étions à la file [...]

Une sorte de journal — 18 octobre 2018

Thu, 10/18/2018 - 19:57

Ces paupières de ciment qu'un océan bouscule ; je vais avec toi marcher jusqu'à demain, voir les trémières dormir.

Une sorte de journal — 15 octobre 2018

Mon, 10/15/2018 - 18:58

Cette robe rouge comme ma nuit ; elle vient et c'est un navire qui passe ; les dernières tomates, patientes, par delà de la vitre.

Une sorte de journal — 12 octobre 2018

Fri, 10/12/2018 - 18:06

Une mémoire de corps, un papillon, la parole silencieuse ; dedans il y a cette caverne et moi je suis dedans — le temps enfermé pour toujours ; ensuite je serai toujours présent avec toi.

Une sorte de journal — 05 octobre 2018

Fri, 10/05/2018 - 19:00

Un demi-mort, un arbre, l'autre côté est même, je sais cela sans y aller — une vie y va aussi pareille ; seulement ta peau, seulement elle, à l'ombre du figuier.

Une sorte de journal — 01 octobre 2018

Mon, 10/01/2018 - 20:40

Le long c'est une sorte de loin à portée de la voix ; je pourrais aller là à marcher pour toujours — ce que j'emporte est à moi seul ; dans les taillis, la rivière à moitié.

Une sorte de journal — 30 septembre 2018

Sun, 09/30/2018 - 20:20

Un jour à gueule de rocher ; quelqu'un parle du phare que personne ne voit jamais ; l'hiver durait une heure — il est question de nous.

Une sorte de journal — 29 septembre 2018

Sat, 09/29/2018 - 11:43

Ce linceul infini quand s'éteint un ami.

Jean-François Gayrard, in mémoriam

Une sorte de journal — 26 septembre 2018

Wed, 09/26/2018 - 20:20

Car il y a ça ; leurs paroles comme masques et derrière il y a masque ; dans le ciel la trace des toits — demain plus rien ne sera là.

Une sorte de journal — 23 septembre 2018

Sun, 09/23/2018 - 15:26

Le chuchotis des anges — j'ai fait chapelet de tes promesses jamais tenues ; dehors il vient un vent de pacotille, l'agonie de l'été.

La dispense #9

Tue, 09/18/2018 - 18:46

Le tout début ce n'est pas ça au vrai puisque c'est bien avant, il faut donc remonter et c'est nager dans le rebours du temps pour toucher à sa source, la mienne suffira et la première image est aux heures du collège, un alignement de bancs bruns au bois tanné de fesses, trois lattes qui font l'assise mais c'est sans le dossier, le mur fait l'affaire et puis dessus il y a un crochet de métal brillant et un autre à côté et puis encore ainsi, on dirait une boucherie, et puis au-dessus trois mêmes lattes vraiment hors de portée du moins pour moi, il vient je ne sais d'où une lumière rase qui fait qu'on n'y voit goutte, le prof nous a emmenés depuis la ligne blanche derrière laquelle nous étions rangés là-haut dans la cour, nous avons descendu les marches vers le gymnase, nos sacs pèsent lourds de cahiers et de livres et puis en plus il y a l'autre, le sac d'EPS qu'on traînera toute la journée puant, nous sommes à présent dans les vestiaires, le prof tape dans ses mains, vous vous changez maintenant, je ne sais pas en quoi, je sors du sac de sport de quoi me déguiser en sportif du dimanche, j'ai presque tout l'attirail, je suis précautionneux, je sais ce qu'il en coûte et puis les sacrifices qui font que j'ai le tout, je cherche où me cacher pour enlever le pantalon, passer le jogging, cela ne s'appelle pas encore comme ça mais cela viendra bien, il n'y a nul recoin, tout est ouvert au vent, autour ça s'agite, je dois donc être le seul à avoir ses pudeurs, à ne pas tomber sur un claquement de doigts ses frusques et quasi tout, j'hésite trop longtemps et me voilà dernier, tous donc me regardent à présent et là je ne peux plus, je n'imagine pas une seconde me mettre à nu, montrer un corps dont déjà je ne suis pas fier, je sens sur moi les yeux fixés patients, cela devient urgent, les pas que j'entends arriver sont les baskets de l'enseignant, je sais que si j'attends une minute seulement c'est aussi devant lui qu'il faudra tout montrer qui n'est finalement qu'un slip, un tee-shirt serré mais chacun sa douleur alors je ne réfléchis pas et sur mes vêtements de ville j'enfile ceux faits pour le sport, personne de mes camarades à peine rencontrés ne dira rien et noyé dans la masse je passerais ainsi une heure et sa demie à courir comme les autres, à presque défaillir dans la chaleur de moi, c'est cela le premier de mes souvenirs de pratiquant sportif, quatre-vingt dix minutes sous trois couches de vêtements à flotter dans mon eau, on pourrait rêver mieux, ce n'est que le début de mon chemin de croix.

Une sorte de journal — 17 septembre 2018

Mon, 09/17/2018 - 21:08

L'haleine de Courdouan — le poids d'un corps sur un corps ; je ne vois jamais sous la surface ce qui attend de mordre ; il est décoiffé par l'embrun.

Une sorte de journal — 10 septembre 2018

Mon, 09/10/2018 - 19:42

Seul plus que l'ombre de moi-même, se disait le rocher ; c'est une danse — commence le premier ; sur les murs des runes, personne, personne.

Une sorte de journal — 09 septembre 2018

Sun, 09/09/2018 - 14:23

Rouge loin de Loire — la plaine ; c'est caviar des modestes, et qui n'a aucun prix ; nous ferons donc au mieux.

Une sorte de journal — 08 septembre 2018

Sat, 09/08/2018 - 10:16

C'est pour ne pas voir ça ; maintenant dedans tout craque — je suis un vieux gréément ; à mesure la dépouille, une fille de la maraude.

Une sorte de journal — 05 septembre 2018

Wed, 09/05/2018 - 20:14

Un deuil long comme mon nom ; après c'est la cueillette pendant que nous parlons, de tout et puis de riens, et puis surtout de riens ; je croise chaque jour encore celui devenu comme moi, qui guette dans le silence ce qu'il ne trouve pas.

Une sorte de journal — 04 septembre 2018

Tue, 09/04/2018 - 21:26

Rien et le même rien — quelque part tu demeures ; je suis à la fenêtre à croiser le chemin, la porte jamais ouverte, sa muraille de pierres tenue jusqu'à mi-jambes (assez pour m'enfermer).

Une sorte de journal — 01 septembre 2018

Sat, 09/01/2018 - 18:39

Qu'elle vienne à moi avec son regard-porcelaine et ses bras de varech ; c'est ne pas trouver temps d'aller chercher une écriture — abandonner les histoires qui nous font ; tu n'imagines pas à quoi je passe mes jours assis dans le jardin.

Une sorte de journal — 28 août 2018

Tue, 08/28/2018 - 17:40

Longer chaque jour sa propre histoire ; pas le temps mais sa bruine — pas sa bruine mais ma peau.

Dos Carte à part Vous désirez que le texte du jour choisi soit rédigé au dos du tirage photo, ou bien sur une carte à part ?

Pages