Face Écran — Daniel Bourrion

Subscribe to Face Écran — Daniel Bourrion feed
Updated: 35 sec ago

Une sorte de journal — 16 août 2018

Thu, 08/16/2018 - 14:23

Un pain de farines et de terres — il faudrait cueillir les fruits, arrondir le chemin, trouver d'où viennent toujours ces voix qui sont d'enfants ; même à écrire sans cesse je ne peux rejoindre le monde.

Dos Carte à part Vous désirez que le texte du jour choisi soit rédigé au dos du tirage photo, ou bien sur une carte à part ?

La dispense #7

Thu, 08/16/2018 - 11:42

Maintenant les images s'accélèrent, le maître-nageur va se saisir d'une perche de celles entassées dans un coin et longues toutes différentes, il farfouille parmi les tubes pour finir par choisir la mère de toutes et l'on pourrait se dire qu'il va tenter de battre un record mondial de hauteur mais non, le voilà qui revient encombré de sa perche qu'il plonge dans l'eau à mesure qu'il s'en approche, se poste au bord, ses orteils crochètent le carrelage fort à-propos arrondi tout le tour du bassin, un bref hurlement jaillit de sa bouche où je distingue vaguement un c'est parti et c'est parti, la file se met à avancer couple par couple, et un petit et un Grand, chaque paire restant quelques secondes à hésiter jusqu'à ce que le Grand s'élance trainant dans l'air le petit qui souvent n'y comprend plus rien et suit par la force du Grand et celle de la gravité, on voit en entendant deux ploufs, l'eau éclabousse tout, le Grand arrive toujours premier à la surface d'ondes, le petit suit derrière, on voit dans cette écume leurs corps qui descendent, les mains sont toujours jointes, cela doit faire partie des instructions données aux Grands, surtout ne pas lâcher avant d'être très au fond, des masses de bulles remontent, le temps est suspendu, en bas les corps splittent, les mains se sont lâchées, on voit enfin revenir vers la surface les faces, leurs yeux sont grands ouverts et parfois, les bouches des petits le sont aussi sur un cri muet, les cheveux sortent de l'eau, le Grand s'en va nageant tranquille, ne prodigue aucune aide, une autre des instructions, et ce qui reste dans l'eau, c'est un petit toujours battant comme il le peut de ses mains affolées dans le rien du liquide pour y trouver un point où s'accrocher, ce sera la perche que le maître-nageur finit par tendre au moment où il sent qu'il va falloir intervenir si l'on ne veut pas finir sur une noyade, les visages sont de larmes et de rouges et d'effroi, juste le temps pour la perche d'accompagner la pathétique petite chose s'étouffant jusqu'au bord et de suite c'est la suite, au suivant dans un cri et les suivants c'est nous, le pays me regarde, je sens sa main serrée et en moi je ressens qu'il n'y plus grand chose qu'un grand creux plein de peur que l'eau bleue va remplir.

Dos Carte à part Vous désirez que le texte du jour choisi soit rédigé au dos du tirage photo, ou bien sur une carte à part ?

La dispense n°6

Sat, 08/11/2018 - 15:10

Pour le grand qui m'avait été octroyé, parce que c'est la première chose annoncée par le maître-nageur, qu'un Grand serait avec chacun de nous, sauterait à nos côtés, et disant cela il pointait du doigt un groupe d'élèves que de plus en plus apeuré je n'avais jusque-là pas remarqué, entassés en rang d'oignons sur les marches carrelées faisant aussi office de gradins, il m'est facile de m'en souvenir, c'était un pays, un du village, un de ceux, plus âgés, que je croisais dans les rues sans jamais oser lui parler, et qu'aurions-nous eu à nous dire alors, la différence d'âge, même minime, faisant que nous aurions tout aussi bien pu vivre dans des galaxies différentes qui soudain, là, dans les relents de chlore et le multicolore des maillots dont certains faisaient pâle figure, baillaient, s'entrecroisaient presque brutalement à la faveur des paroles du maître-nageur — le grand, le pays, je le croise encore, rarement, à la faveur des retours, au hasard des fêtes à flonsflons, des buvettes, des messes, des promenades, et je ne sais s'il se souvient de ce jour où il eu à me prendre par la main, comme le faisaient les autres grands des autres petits, pour m'accompagner, plutôt, me tirer vers le bord de la piscine, l'organisation prévue nous amenant à former une file partant juste entre deux des plongeoirs bas qui émaillent toute piscine se respectant, qui ne sont que de quelques dizaines de centimètres de hauteur, et s'étirant, la file, sur quelques mètres où se mêlaient, presque comiquement, les grands, les petits, les premiers, un rien fiers de leur responsabilité inattendue, valorisante, quoi, ils savaient nager, eux, tenant par la main les seconds dont ce contact, ce geste infantilisant s'il en est, rabougrissait encore le peu de détermination, de fierté, qu'il leur restait.

Dos Carte à part Vous désirez que le texte du jour choisi soit rédigé au dos du tirage photo, ou bien sur une carte à part ?

Une sorte de journal — 10 août 2018

Fri, 08/10/2018 - 08:50

De l'océan la tête ; nous plions nos espoirs avec nos draps ; couché tu vaques, dans l'été inconstant — une fournaise impatiente.

Dos Carte à part Vous désirez que le texte du jour choisi soit rédigé au dos du tirage photo, ou bien sur une carte à part ?

La dispense n°5

Thu, 08/09/2018 - 18:04

Alors ce jour-là, celui du tout premier plongeon, les choses se sont passées ainsi dessous la piscine-bulle qui ne s'était pas encore envolée, ce qui arriva pourtant quelques années plus tard, je n'étais plus dans la région mais tout le monde avait parlé de cela, un orage dantesque et les vents qui viennent avec et harcèlent tellement cette structure qu'à un moment tout lâche, la bâche qui fait la bulle s'envole, enfin, au vu du poids, elle arrache ses attaches et détruit ses fondements puis s'en va molle rampante sous les bourrasques folles telle une limace énorme jusqu'à atteindre les arbres de la forêt toute proche pour s'y emmêler, on la retrouverait ainsi, déchirée totalement et embrassant les chênes immenses dans un baiser désespéré, il me semble que cela marqua le début d'une longue période de fermeture, peu importe puisque là, à cette heure, le petit groupe que nous sommes de ceux qui ne savent pas nager a été séparé de ceux, les rares, qui savent, ou le prétendent, et il ne sert à rien de ne pas même répondre à la question, le doute ne nous bénéficie pas et ceux qui restent silencieux, le regard fixé sur leurs pieds nus, finissent quand même dans le groupe des maudits, le groupe des non-nageurs qu'à présent, le maître-nageur entraîne vers le plus grand des deux bassins, le plus profond, je vois inscrit au bord la profondeur, je l'ai maintenant oubliée mais je me souviens bien de mon effroi d'alors à remarquer que c'était bien trois ou quatre fois ma taille, et vers le bas encore, sous la surface, une sorte d'abysse, un invisible trou avec ses yeux de traître ne vous regardant jamais bien en face, quelque chose qui pourrait tout autant être sans fond que ça serait pareil, pour moi, et pour les autres du groupe dont les visages sont devenus blancs comme craie, le maître-nageur, sanglé dans son slip comme s'il allait au combat, nous détaillant à présent la suite prévue des opérations, qui n'était pas pour nous rassurer.

Dos Carte à part Vous désirez que le texte du jour choisi soit rédigé au dos du tirage photo, ou bien sur une carte à part ?

La dispense n°4

Tue, 08/07/2018 - 17:44

Avant il y avait eu le premier saut et c'était bien avant, vraiment avant, quand j'étais à peine haut comme ça, avant le temps long du lycée, avant le temps flou du collège, avant, du temps de l'institurice rousse morte un lundi de pâques dans la voiture conduite par son frère et qui s'est enroulée dans un platane à grande vitesse, le choc terrible, définitif, laissant la dame morte d'un coup, le frère indemne totalement, enfin, vu du dehors, du moins, je crois que c'était là, dans ce temps-là — tout est devenu flou dans mes heures d'aujourdhui, et donc, la piscine était loin, nous y allions avec un autobus, depuis l'école ou peut-être le collège, cela je ne sais plus, mais je sais parfaitement, la route qui y allait, et les virages serrés, cette descente soudaine comme une route de montagne avec ses lacets qui déjà me terrorisaient avant d'arriver à la bulle abritant la piscine, une bulle vraiment, plastique blanc, cela coûtait vraiment moins cher que de construire le tout en dur et donc toute une partie, celle des bassins, c'était dessous ce ciel blanc très lisse où l'on accédait passé deux grandes portes successives, des sas maintenant la pression, après le passage dans les vestiaires à haleine de chlore et de recoins humides, le pédiluve, les cris soudains passée la dernière porte, ici aussi comme plus tard dans la piscine du lycée, il y avait ces échos monstrueux renvoyés par les surfaces planes, les vitres, l'eau transparente, le carrelage trempé, le plastique tendu, et cette fois je sais parce qu'on nous l'avait annoncé, comme c'était la première fois, que ce serait le tout premier plongeon, et pour tout le monde, ceux qui savaient nager, et tous les autres, et de ces autres j'étais, et nous étions nombreux, dans ce coin loin des côtes, dans ce coin de paysans, à ne savoir que vaguement patauger — de l'eau on se méfiait, toujours terriblement.

Dos Carte à part Vous désirez que le texte du jour choisi soit rédigé au dos du tirage photo, ou bien sur une carte à part ?

La dispense n°3

Mon, 08/06/2018 - 14:52

Et puis quelqu'un en bas dedans la masse refroidissant commence à chuchoter mon nom, une scansion, son voisin s'y met aussi et puis les autres de même doucement, alors enfle une rumeur se voulant amicale mais qui s'enveloppant dans ses propres échos finit par devenir une sorte de brouhaha terrible, une pression sonore qui pourrait presque me pousser au dos, me faire enfin sauter, je dirais bien plutôt tomber, maintenant c'est effrayant, j'en ai la chair de poule là-haut, un vertige intérieur qui conjugué avec celui dehors repousse d'autant le moment du plongeon, tout cela dure longtemps, tout cela ne dure pas même cinq minutes, voilà que l'enseignant fait taire tout le monde d'un seul vos gueules les mouettes tonitruant — privilège des classes de mecs que ce langage sans détours — sa voix revient à la normale et annonce l'ultimatum tu sautes ou c'est zéro, je n'en suis plus à ça, cette année-là je planterai mon bac dans les grandes largeurs, je recule donc doucement sur la planche traîtresse, derrière déjà un autre est là qui me contourne puis plonge sans barguigner, j'entends son corps entrant parfait dans l'eau, au loin dehors je vois dans l'herbe rase tout autour du cube de verre que fait cette piscine des ombres blanches dansantes, légèrement narquoises je crois, ce sont les reflets clairs des ondes de l'eau répercutées par le plafond, en descendant l'échelle mince dont les barreaux blessent la plante des pieds, je sens toujours mon corps comme une éponge lourde et le gras qu'il emporte, à l'arrivée quelques claques sur l'épaule des miens amis, n'en parlons plus, il reste à attendre sur les durs gradins humides le coup de sifflet bref qui marquera le retour au vestiaire, je n'ai jamais plongé, ni alors ni maintenant, du moins, de ma seule décision.

Dos Carte à part Vous désirez que le texte du jour choisi soit rédigé au dos du tirage photo, ou bien sur une carte à part ?

La dispense n°2

Sat, 08/04/2018 - 08:20

Aussi je vois minuscules vu d'ici, depuis mes cinq mètres, des visages tournés vers moi, ils sont des ronds mais pas dans l'eau, je ne distingue que leurs yeux et puis leurs bouches ouvertes tout autour du rectangle blanc et bleu alignées presque en rang, des bouches ouvertes hurlant encouragements et moqueries et vannes qui mélangent les deux, parfois aussi il y a des bras en haie d'honneur et même plus bas encore tassés de par la perspective des orteils crispés au rebord du carrelage, les maillots de toutes les couleurs forment un arc-en-ciel écrasé mouvant, plus loin aussi il y a d'autres groupes sur l'autre côté du grand rectangle mais ce sont d'autres classes, des inconnus ainsi, des garçons seulement puisque le lycée est technique et n'accueille quasiment que ce sexe-là même si parfois on croise quelques rares filles et là il y en a deux ou trois parmi la masse des visages mais pas dans ce groupe-là, dans l'autre, de l'autre côté de l'eau, de la piscine, regardant maintenant ce qui peut justifier ce bruit énorme augmenté encore de la réverbération sur les grandes baies vitrées que nous faisons, enfin, les gars d'en bas parce que pour le moment, et cela va durer, je ne pipe pas mot, j'attends, j'écoute montant à moi la voix grave de l'enseignant portant plus que les autres et qui maintenant entreprend de me convaincre de me jeter dans cet espace immensément vertical où rien ne peut soutenir la chute des corps sinon un air saturé chlore dont je devine qu'il ne suffira pas à me faire voler malgré sans doute les gestes réflexes de mes bras qui ne manqueraient pas de se déclencher en cas de saut, lequel saut, à cette heure, n'est pas parti pour se réaliser bien que le prof maintenant commence doucement à hausser le ton, le regard qu'il vient de jeter sur la grosse horloge suspendue au mur lui indiquant qu'on perd du temps, ce qu'il n'a pas, les autres attendent derrière moi. 

Dos Carte à part Vous désirez que le texte du jour choisi soit rédigé au dos du tirage photo, ou bien sur une carte à part ?

La dispense

Fri, 08/03/2018 - 08:53

Loin là en bas c'est l'eau transparente tellement qu'on voit dessous le carrelage, le fond, les lignes d'un bleu clair vif que font les carreaux colorés quand le reste est blanc, le reste du fond, les bords qui remontent, et l'eau encore clapotant doucement telle une lèvre molle jusqu'à ce qu'elle se verse dans cette sorte de bouche tout du long, du tour, absorbant le surplus, principe d'Archimède, tout corps plongé etc. mais la science maintenant ne sert plus à rien depuis le haut, le dernier niveau du plongeoir et ses cinq mètres de vide dessous se terminant par la surface de l'eau agitée encore un peu et puis de moins en moins à mesure que l'énergie transférée par le dernier plongeur se dissipe en cercles concentriques progressivement invisibles jusqu'à ce que, maintenant, plus rien ne bouge qu'un très léger et souple battement de toute la surface en attente d'un corps, un autre, le suivant, le mien, censé venir souplement traverser cette onde avec l'angle parfait permettant d'entrer dans ce monde du dessous, presque l'autre côté du miroir, en générant le moins d'éclaboussures possibles, ce qui n'arrivera pas, même si je le voulais, je le sais, parce que mon corps n'a pas exactement la forme fuselée et dense ad hoc et que ma trajectoire ne sera pas celle qu'il faudrait, celle que l'on nous enseigne, et que par ailleurs, je ne vais pas plonger, je le pressens déjà, perché là-haut bousculé d'un vertige venu autant de la hauteur que du mouvement de l'eau dessous et de celui de la planche sous mes pieds, souple traîtresse humide aussi, glissante, faite d'une matière plastique légèrement granuleuse pour laisser à croire qu'elle ne nous laissera pas déraper alors qu'en fait, elle ne sert qu'à ça, amorcer la glissade, ce qui fait que tendu comme une corde à piano, j'avance lentement en m'accrochant à tout ce que je peux, ce qui à cette hauteur et dans ce vide, n'est plus que mon pauvre torse autour duquel j'enroule mes bras comme si je pouvais me tenir moi-même et me porter dans l'infini du vide.

Source de l'illustration

Dos Carte à part Vous désirez que le texte du jour choisi soit rédigé au dos du tirage photo, ou bien sur une carte à part ?

Cantique des barbouzes #9

Fri, 08/03/2018 - 08:09

Ayez un coffre-fort ayez de bons amis ayez des clefs pour tout ouvrir et puis aussi ne rien ouvrir jouez dans les piscines partout jouez de l'équilibre de la terreur vos secrets sont les leurs ils savent que vous savez comptez sur eux dans la tourmente des fusibles de vos proximités faites un atout de séduction entre vos multiples passeports glissez l'ultime diplomatique cachez vos armes au vu de tous ne prenez pas la peine d'avoir les permis nécessaires les règles sont pour la plèbe vous êtes bien au-dessus vous êtes ailleurs vous êtes partout et puis nulle part. 

Dos Carte à part Vous désirez que le texte du jour choisi soit rédigé au dos du tirage photo, ou bien sur une carte à part ?

Cantique des barbouzes #8

Thu, 08/02/2018 - 07:50

Jouez la montre jouez votre enfance malheureuse jouez l'oubli jouez l'été ses chaleurs amnésiantes jouez la confiance de ceux qui vous regardent à la TV pensez à évoquer votre enfance malheureuse vos origines modestes cachez vos amitiés compromettantes les petits arrangements entre amis s'avérant autant de larrons pendant la foire évoquez les grands corps leur résistance promettez tout ce que l'on veut les promesses n'engagent que ceux etc. changez votre apparence devenez respectable apprenez à construire des images rassurantes à faire campagne de presse une communication massive vaut une bonne arme s'il faut cacher cachez et même en pleine lumière gardez vos zones d'ombre elles restent votre oasis, votre ultime part humaine.

Dos Carte à part Vous désirez que le texte du jour choisi soit rédigé au dos du tirage photo, ou bien sur une carte à part ?

Cantique des barbouzes #7

Fri, 07/27/2018 - 08:31

Semez vos cartes de visite tel un petit Poucet diffus assumez ce pour quoi on ne pourra venir vous chercher noise derrière vos réponses alambiquées cachez ce qui est vrai usez d'une langue acérée abusez en protection de la Loi haute chaque fois qu'un importun ose titiller celui que vous êtes ou n'êtes pas n'oubliez pas de paraître sympathique l'onction est un talent le sourire peut désarmer jouez d'une connivence inamovible et du rappel des précédents serrez des mains très largement pour bien sceller l'appartenance aux cercles qui sont d'ivoire.

Dos Carte à part Vous désirez que le texte du jour choisi soit rédigé au dos du tirage photo, ou bien sur une carte à part ?

Cantique des barbouzes #6

Thu, 07/26/2018 - 07:11

Faites levier de tout bois pour soulever le monde soyez disposé à vous contredire si c'est la seule protection du moment de toute opportunité tirez votre miel prétextez une erreur une incompréhension l'intérêt des États peu importe ce qui compte est discours travaillez votre étonnement en cas de flagrant délit soyez bien entouré tirez les ficelles ou soyez proche du marionnettiste ne vous retournez pas glissez votre petite histoire dans ce qui deviendra la grande du désordre allez jusqu'au bout tordez la langue et puis la loi ne laissez rien dans vos tiroirs et pas plus aux placards mouchetez votre fleuret seulement quand nécessaire (i.e. sous la menace lorsqu'elle arrive d'en haut) à terre frappez et dans le dos c'est là que l'homme est le plus faible.

Dos Carte à part Vous désirez que le texte du jour choisi soit rédigé au dos du tirage photo, ou bien sur une carte à part ?

Cantique des barbouzes #5

Wed, 07/25/2018 - 07:17

Devenez le bagagiste le voiturier le balayeur prenez pour nom Personne abreuvez-vous d'un torrent de mensonges installez-vous au cœur de votre propre légende courez plus vite que la rumeur dans les affaires faites naître d'autres affaires brouillez vos pistes et vos chemins si l'on découvre vos turpitudes chargez sans sourciller vos subalternes apprenez l'art délicat de l'esquive meurtrière croyez en vos mensonges systématiques jusqu'à ce qu'ils deviennent vos certitudes que chaque mur demeure pour vous une fenêtre à ouvrir avancez nonchalant tous prendront l'habitude de vous voir dans leurs lieux ayez la menace facile mais toujours de soie le demi-mot est la graine de la crainte.

Dos Carte à part Vous désirez que le texte du jour choisi soit rédigé au dos du tirage photo, ou bien sur une carte à part ?

Cantique des barbouzes #4

Tue, 07/24/2018 - 07:19

Des ministres présidents devenez le secret conseiller l'âme damnée le soutien infaillible apprenez à semer le doute à allumer des contre-feux à diffuser partout des vérités alternatives indiscutables face caméra mentez avec des yeux d'enfant payez toujours en monnaie trébuchante alignez vos passeports faites ce qu'il faut pour vous construire une vie normale un paravent mariez-vous apprenez à vous taire à devenir dormant pour des années soyez candide devant le juge dans votre identité tissez mille dentelles incontournables n'ayez nul nom qui ne soit autre ailleurs brouillez ce qui vous approche trop vous devez être une rumeur un doute l'envers du monde encore dont plus personne ne distingue le cœur.

Dos Carte à part Vous désirez que le texte du jour choisi soit rédigé au dos du tirage photo, ou bien sur une carte à part ?

Cantique des barbouzes #3

Mon, 07/23/2018 - 07:41

De l'invisible soyez le reflet transparent skiez boxez courez ayez un corps qui puisse peser dans toute altercation et tuer s'il le faut oubliez toute morale de l'éthique faites une fumée collectionnez les badges les clefs les voitures de service voyez sans jamais vous faire voir ayez plusieurs logements ils sont autant de points de chutes de planques quand nécessaire utilisez les failles les interstices les vacances du pouvoir jouez sur les peurs des autres soyez de connivence et repérez ceux qui le sont devenez lentement indispensable ne montrez jamais vos faiblesses les autres finiront par vous craindre entrez dans des lieux interdits sans vous y attarder votre réseau est une armure votre savoir, une assurance.

Dos Carte à part Vous désirez que le texte du jour choisi soit rédigé au dos du tirage photo, ou bien sur une carte à part ?

Cantique des barbouzes #2

Sun, 07/22/2018 - 08:21

Apprenez les techniques de combat puis laissez faire votre haine vos réflexes les plus crus ne laissez pas de corps derrière vous ne laissez aucune trace ne laissez pas d'empreintes mentez de jour comme de nuit de chaque vérité faites un beau mensonge et réciproquement toujours escaladez les échelons écrasez s'il le faut tous les obstacles profitez à pleines dents de votre impunité de la loi repérez les contours et ignorez les règles faites des dossiers sur tout sachez les secrets des tapis faites des photographies des copies des images des copies des copies du marigot de toute l'humanité allez jusqu'à la lie soyez toujours le volontaire le premier en toute chose laissez une menace autour de vous planer — elle est votre seule armure — ne tournez pas le dos à ceux qui vous ressemblent le plus vos frères d'arme sont les premiers qu'il vous faudra trahir soyez froid comme la glace votre survie est votre cause vos poings seront toujours avec vous au combat.

Dos Carte à part Vous désirez que le texte du jour choisi soit rédigé au dos du tirage photo, ou bien sur une carte à part ?

Cantique des barbouzes

Sat, 07/21/2018 - 08:32

Fondez-vous dans la masse fondez-vous dans la foule fondez-vous dans le rien devenez pour les autres un simple meuble qui bouge une silhouette un peu floue n'ayez aucun signe distinctif ne souriez pas ne regardez pas l'objectif de la caméra pensez à l'oreillette transparente aux chaussures silencieuses à respirer doucement profitez de la proximité des puissants cachez-vous dans leur ombre profitez de leurs miettes ne restez qu'un visage qu'on oublie un grand vide dans l'image soyez double soyez triple soyez même plus que ça de la nuit faites-vous une alliée elle est sûre et sereine et sera votre compagne n'ayez pas d'amis n'ayez pas de scrupules ce qui compte c'est vous seul et la mission derrière.

Dos Carte à part Vous désirez que le texte du jour choisi soit rédigé au dos du tirage photo, ou bien sur une carte à part ?

Une sorte de journal — 20 juillet 2018

Fri, 07/20/2018 - 19:07

Elle de bronze sur une mer rouge, nue — cette vacance à soi-même quand le lilas s'éveille.

Dos Carte à part Vous désirez que le texte du jour choisi soit rédigé au dos du tirage photo, ou bien sur une carte à part ?

Une sorte de journal — 14 juillet 2018

Sat, 07/14/2018 - 09:23

Un banc de pierre où viennent s'asseoir des ombres, et vieillir de riens ; la promenade dans la présence des oliviers.

Dos Carte à part Vous désirez que le texte du jour choisi soit rédigé au dos du tirage photo, ou bien sur une carte à part ?

Pages